Souvenons-nous


Il y a un an, seize détenteurs de gros patrimoines s'alarmaient de la situation et signaient dans Le Nouvel Observateur un appel pour l'instauration d'une contribution fiscale exceptionnelle qui toucherait les contribuables les plus aisés. Ce qu'a fait le nouveau gouvernement avec la taxation de 75% des hauts revenus.
Soudainement, les « taxez-nous » sont devenus des « oubliez-nous », à un tel point que le richissime Bernard Arnaud a failli devenir citoyen belge. Ceux qui hier applaudissaient le remarquable esprit civique des riches dénoncent aujourd'hui des mesures soi-disant confiscatoires qui méprisent le talent et ruinent l'économie du pays. 
Confiscatoires, certainement pas, car la taxation à 75% n'est plus que de 67%, CSG et CRDS déduites. Ce qui rapproche du taux marginal d'imposition de 65% en cours il y a 35 ans. Quant à la performance, parlons-en quand on sait que ce sont les cadres dirigeants qui fixent leur propre rémunération.
A noter que la fuite de ces précieux talents est quasi nulle et la mobilité très faible car le nombre de patrons qui dirigent des entreprises étrangères est aussi faible que celui des
patrons étrangers en France.

Par contre, ces contribuables reflètent l'explosion des inégalités en France. Au nombre de 6000, ils sont au top des 0,01% des ultra-riches. Ceux dont le revenu moyen a doublé en dix ans quand celui des 90% des salariés du bas de l'échelle ne progressait que de 4%. Ils font aussi partie des quelques 5% dont les revenus ont encore progressé en 2010 à contrecourant du reste de la population. D'ailleurs, l'INSEE affirme que tous les indicateurs montrent une nouvelle progression des inégalités. L'an prochain, disent Les Echos , les
groupes du CAC40 devraient distribuer d'avantage de dividendes en y consacrant 38 milliards d'euros, soit une augmentation de 5% quand les bénéfices reculent depuis la deuxième année consécutive.

La part des profits versée aux actionnaires qui était de 49% en 2010 et de 51% en 2011 progressera encore en 2012. Ce qui ne devrait pas concourir à l'amélioration de notre compétitivité ni au développement des investissements productifs.
Une belle illustration qui prouve que c'est bien la rémunération disproportionnée du capital qui nuit à la compétitivité et non le « coût » du travail.

1 commentaire:

Frédéric Boulanger a dit…

Je me demande même si pour nous il est pertinent de parler de compétitivité, ne devrait on pas parler de coopération entre acteurs économiques plutot que compétitivité qui implique forcément des gagnant et des perdant entre entreprises et entre travailleurs, donc division des travailleurs pour le bénéfice du capital. Coopération ça pose les choses plutot dans le sens: coopération entre travailleurs pour améliorer la qualité du travail, de la production etc...
C'est pour ça que chercher à améliorer la compétitivité ce n'est pas forcément notre combat.
Frédéric.